J'ai mis longtemps à trouver ma place dans ce monde.
J'ai grandi en Provence. Très tôt, je sentais que quelque chose ne tournait pas rond. Hyperactif, créatif, curieux, turbulent, je portais déjà un regard poétique sur les choses, avec, face à beaucoup de ce qu'on m'imposait, un mélange d'absurdité, d'incompréhension et de vertige.
Mal-être, problèmes familiaux, inadaptation, et mille blessures que je n'exposerai pas ici. Mais que vous pouvez aisément imaginer, car nous sommes tous faits de blessures.
À 14 ans, j'avais une terrible image de moi-même, aucune confiance en moi. J'ai commencé à décrocher de tout. À 15 ans, j'ai quitté l'école.
J'ai emprunté des routes obscures, j'ai fait beaucoup de bêtises, blessé par cette société et ses structures, dont j'avais l'impression qu'elles ne voulaient pas de moi. Le rap et les mots sont devenus ma seule bouée de sauvetage : écrire pour survivre, écrire pour exister. Sans l'art, sans le hip-hop, sans les quelques âmes et anges que j'ai rencontrés, ces adultes qui ont posé un regard doux et bienveillant sur ma lumière et mes talents, l'autodestruction eût été inévitable.
Le chemin a été long.
À la suite de terribles événements, d'heureuses rencontres, et en m'appuyant sur l'amour de mon inspirante maman, j'ai décidé un jour de faire de ma vie quelque chose. J'ai repris mes études à 23 ans, passé l'équivalent du bac à 24, repris le sport, arrêté mes bêtises, et je me suis inscrit à la fac de droit, avec l'idée de devenir avocat. En droit humanitaire... Ou quelque chose comme ça. Défendre des causes. Changer les choses. Voilà.
En bon hyperactif, j'étais aussi prolixe dans le bon que dans les bêtises !
Je vous épargne tous les projets associatifs montés, pour la jeunesse, dans l'humanitaire, dans la lutte contre la corruption, dans le sport. J'ai toujours été très sensible à mon impact sur le monde. Pour aider les petits Naïm que j'avais été, pour m'acheter une conscience, pour me sentir utile. Je ne sais pas. Mais c'est un fait.
Je me suis perdu dans la revanche sociale.
J'ai voulu devenir quelqu'un. Porter des costumes à 3 000 dollars, être avocat d'affaires, monter des entreprises. Je faisais du succès professionnel une espèce de vengeance, mais cela témoignait plutôt d'une manière de compenser mon manque de confiance en moi. Et mes choix d'orientation ont été faits, pendant une longue période, motivés par une quête de succès, de diplômes, d'accomplissement et de réussite sociale visible.
Aussi, bizarrement, je le confesse ici dans ce petit texte : pendant mes études de droit, je me suis persuadé qu'il fallait être bon dans le business et dans la finance, dans les affaires, pour être capable de changer les choses. Dans mes combats pour l'intérêt général, j'avais l'impression d'être un Don Quichotte se battant contre des moulins, avec des vents contraires et de trop petits résultats. J'ai vendu des hélicoptères à l'international, travaillé dans des cabinets d'avocats et été major de promotion d'un Executive MBA, monté des boîtes dans la tech... Bref, une trajectoire brillante en apparence, mais quelque chose manquait encore : le sens, et de la place pour le véritable moi.
Alors j'ai choisi de consacrer ma vie à la jeunesse, à la transmission et aux possibles. J'ai quitté Airbus, rejoint une association socio-éducative à Marseille, Synergie Family. J'ai pendant des années, en tant que dirigeant, développé avec des copines et des copains des projets d'innovation éducative, avec pour unique objectif de générer un maximum de parcours d'épanouissement, d'intelligence collective et de projets inspirants. Co-fondateur de L'Épopée à Marseille, village d'innovation éducative de 19 000 m² au cœur des quartiers nord, j'ai contribué à bâtir un espace où les talents peuvent enfin trouver leur place.
Mais l'artiste en moi, et les rêves d'adolescent, ne m'ont jamais quitté.
J'ai décidé de donner de la place au poète. Toute ma vie, je n'avais cessé d'écrire : des poésies, de la prose, des textes, des articles, des nouvelles. Mais le trentenaire a décidé de se prendre au sérieux. J'ai commencé le théâtre, j'ai travaillé mon art. En 2023, à 40 ans, j'ai sorti mon premier single. Puis mes albums, Vertige, puis Vestige. J'ai écrit et mis en scène ma première pièce de théâtre, Amortel, porté mon seul en scène. Je prends un plaisir infini à prendre la parole, riche de mon vécu, de ma plume et de ma sensibilité, pour défendre les causes qui me sont les plus chères, pour engager le changement, pour permettre aux individus de trouver leur place dans ce monde. Et en tant que conférencier, j'ai eu la chance de pouvoir défendre beaucoup de sujets différents, parfois sous des formes innovantes, des conférences poétiques ou théâtralisées, comme des conférences plus classiques, mais toujours avec le goût du mot juste. Comme récemment de monter sur la scène du TEDx IAE Aix-Marseille avec "Comment j'ai rencontré mon ombre", pour parler de Carl Jung et du processus d'individuation, de nos ombres et de nos masques, en racontant les étapes charnières de ma vie que je viens de vous présenter juste ici.
Nourri de Brel, Brassens, Nougaro, autant que d'Oxmo Puccino, IAM et Djalâl ad-Dîn Rûmî, Hugo, Rimbaud, Camus... je fais aujourd'hui de la langue française une matière vivante, sur scène, en conférence, dans un tiers-lieu, dans une école ou face à 500 décideurs. J'interviens auprès d'entreprises, d'écoles et d'institutions avec une singularité : faire de l'émotion un moteur d'action, et parfois terminer une keynote par une performance slam. Parce que les mots ne valent que par les actes qu'ils inspirent. Et parce que les actes ont besoin de poésie pour ne jamais oublier pourquoi ils se battent.
Mon fil rouge : trouver sa place. Dans un texte, sur une scène, dans la société. J'aide les autres à trouver la leur.
Et je le fais également en menant des actions concrètes auprès de la jeunesse, et sur divers autres sujets. J'ai créé ce site internet pour pouvoir expliquer mon univers et vous ouvrir les portes de mon monde. Voilà, toi qui as lu jusque-là, tu me connais un peu maintenant. Mais on ne connaît vraiment une personne qu'en vivant des expériences avec elle... Seuls le temps et les épreuves révèlent la vraie nature d'un individu.
Alors si tu as une idée, une envie, un projet, dans lequel je peux contribuer...
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